28 mai 2026
L'animation du 20 mai à Fontains a permis de comparer les itinéraires techniques de désherbage entre des betteraves conventionnelles et bio

Le désherbage mécanique des betteraves est il réservé au bio?

Avec les conditions climatiques d’abord très sèches en avril puis des précipitations conséquentes à la mi-mai, les conditions pour désherber mécaniquement en betteraves n’ont pas été idéales. En AB, le désherbage mécanique n’est pas une option, et doit être réalisé peu importent les conditions.

La betterave biologique est présente en Seine-et-Marne depuis 2018, mais reste anecdotique. A titre d’exemple, elle représente 0,75% de la production de Cristal Union à l’échelle française (2024). Un des agriculteurs présents à l’animation produit de la betterave biologique et c’est intéressant de s’inspirer du mode de conduite bio pour la betterave conventionnelle.

L’intervention de deux conseillers grandes cultures de la Chambre d’agriculture IdF (CARIF) a permis de mêler les conseils techniques aux expériences des agriculteurs présents. La conseillère du pôle bio de la CARIF a expliqué un exemple d’itinéraire de désherbage mécanique, tout en s’appuyant sur les pratiques d’un agriculteur produisant des betteraves bio et présent au tour de plaine.

Crédit photo : CARIDF

 

En bio, les rendements de betterave peuvent aller jusqu’à 80 tonnes/ha, si la parcelle est propre et sans jaunisse, mais la moyenne se situe à 38 t/ha, et l’objectif est plutôt à 40-45 t/ha. Proche du territoire, seule la sucrerie Cristal Union de Corbeilles (Loiret) a une ligne de production pour du sucre bio de betterave. La tonne de betterave bio est payée entre 80 et 90 €/t (dans la limite du quota qui représente 60% du tonnage historique).

Pour limiter la présence de la flore adventice, on retrouve en bio plusieurs désherbages mécaniques successifs. La flore que l’on souhaite éradiquer est surtout représentée par les chénopodes, les renouées-liserons, les chardons, et les rumex. Les graminées sont peu problématiques en culture de betterave.

Le semis de betterave bio se fait dans les premiers jours d’avril ou fin mars, c’est-à-dire un peu plus tard qu’en conventionnel. Il se fait à densité plus élevée pour tamponner les pertes qu’il y aura lors des désherbages mécaniques, donc à environ 125.000 pieds/ha (contre 110.000 en conventionnel). Une levée rapide et homogène est considérée comme un succès car elle assure de bonnes conditions pour les désherbages mécaniques :

  • Si la parcelle est bien semée et que la dynamique de levée d’adventices est forte (beaucoup de filaments blancs), il est possible de herser en pré-levée.
  • Une fois levée, la betterave peut être binée dès le stade 2 feuilles vraies : c’est celui qui fait toute la différence en inter-rang, car il permet de se rapprocher au maximum du rang
  • Sur le rang, également à 2 feuilles vraies, un passage de herse étrille peut être fait. Attention, utiliser une herse de type Treffler, dont chaque dent est équipée de ressorts ce qui permet des réglages fins (6/10 en agressivité, en 12 m et 2,5 km/h).
  • Par la suite, autant de binages que nécessaires. En général, au total, 3 passages de bineuse et 1 ou 2 herses.
  • Pour les chénopodes, un complément d’arracheuse pneumatique peut être envisagé.

La bineuse permet de scalper les racines de la plante :

 

La herse étrille permet d’arracher les jeunes plantes par la vibration des dents sur le sol.

En conventionnel, le conseiller de la CARIF suggère un passage de bineuse entre le 2ème et le 3ème désherbage chimique. Il est aussi possible de biner après cela. En général, il faut passer juste avant la couverture du rang. Pour les agriculteurs conventionnels présents, la bineuse est un outil à sortir pour la finition de la culture, mais l’occasion ne s’est pas présentée cette année. L’un d’eux utilisait la désherbineuse il y a quelques années mais le débit de chantier était trop lent selon lui. Ils étaient d’accord pour dire que le binage peut avoir un effet boostant pour la culture, c’est-à-dire que le sol en surface va se réchauffer et permettre la minéralisation, ce qui a été confirmé par le conseiller de la CARIF. Cette opération peut aussi avoir un effet sur la flore adventice (chénopodes) surtout si les herbicides racinaires ont eu un effet limité, comme cette année.

 

La prochaine animation sur l’Ancoeur se déroulera à la Ferme de la Fontenelle à Vulaines-les-Provins, le 12 juin à 9h, où nous parlerons d’aviculture pour la production d’œufs avec le GAB IdF ! Contact : Linnea Plez – 06.07.99.34.99