Lundi, avril 11, 2016
La nappe est alimentée en partie par l'infiltration des eaux de surface dans des secteurs localisés où les couches sédimentaires imperméables sus-jacentes ont partiellement ou totalement été érodées et dans les zones avec des gouffres. Ainsi, la qualité de la nappe du Champigny est étroitement liée à celle des cours d'eau. Pour avoir une meilleure connaissance de la qualité des eaux souterraines, il est indispensable d'avoir une connaissance fine de la qualité des eaux superficielles.

Les débits des cours d'eau

Compte tenu du mode particulier de recharge de la nappe du Champigny, le suivi des débits des rivières donne une autre image de l'infiltration probable des eaux superficielles vers la nappe et de l'entraînement des polluants. Ainsi le suivi des débits des rivières effectué par la DRIEE Ile de France permet d'avoir une idée de la recharge de la nappe : on suppose que plus le débit des cours d'eau est important, plus le débit des pertes vers la nappe sera conséquent.

Sur le périmètre d'AQUI'Brie, il y a deux stations de suivi de débit : à Courtomer sur l'Yerres et à Blandy sur l'Ancoeur.

Au cours de l'année 2012-2013, le débit de l'Yerres et de l'Ancoeur ont été supérieurs à la normale. Ce qui devrait être positif pour la recharge de la nappe.

 

Mesure de débit

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les mesures de débit permettent aussi de préciser la pollution en concentration et en flux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La qualité des eaux superficielles

Le suivi des pesticides dans les cours d'eau est issu des réseaux de Contrôle Opérationnel (RCO) et de Surveillance (RCS) de l'Agence de l'eau seine normandie, du réseau d'Intérêt Départemental de Seine et Marne et du Contrôle interne de la Lyonnaise des eaux sur la prise de Morsang sur seine.

La base informatique AQUI'Qualité recense 1,8 million d'analyses de cours d'eau sur le périmètre du Champigny. Les grands cours d'eau (Grand Morin, Marne, Seine en amont de la Marne) ont une bonne qualité physico chimique par rapport aux petits de la Brie dans lesquels les rejets de stations d'épuration et d'iindustriels ont un fort impact. Les métaux lourds sont retrouvés principalement sur la frange ouest du territoire, là où l'activité industrielle est, ou a été, la plus dense. En revanche, les pesticides sont retrouvés dans tous les cours d'eau, avec des concentrations pouvant aller à plus de 1 µg/l dans certains.

Sur les 22 stations de petits cours d'eau suivies tous les ans depuis 2002, il y a eu entre 6 et 12 campagnes de prélèvements. Sur les 458 pesticides recherchés, 120 ont été quantifiés dont 70% sont des matières actives homologuées actuellement. Pour 82% des quantifications il s'agit d'herbicides ou de leurs produits de dégradation, suivis des fongicides (12%), des insecticides/ acaricides et leurs métabolites (3,3%), de régulateurs de croissance (0,4%) et d'autres pesticides (adjuvants, anti-mousse, molluscicides, taupicides,...). Le Glyphosate, l'isoproturon, le diuron, l'aminotriazole et le boscalid sont les plus quantifiés dans les cours d'eau.

Les 8 molécules quantifiées dans plus de moitié des prélèvements effectués sont la déséthylatrazine (93%), l'hydroxy-atrazine (75%), le glyphosate (72%), la déiso-déséthylatrazine (70%), la bentazone (66%), l'AMPA, produit de dégradation du glyphosate (61%), l'atrazine (56%) et le dinoterbe (54%).

Prélèvement pour analyse de la qualité de l'eau

L'Agence de l'eau Seine Normandie commence à rechercher sur quelques stations des substances émergentes, tels que les dioxines, nonylphénols, organostanniques, Polybromodiphényléthers, phtalates, etc... Les zones urbanisées semblent les plus touchées.

Dans la Brie, les orthophosphates restent des marqueurs des rejets industriels et plus généralement des stations d'épuration. Depuis les années 2000, leurs concentrations dans les cours d'eau tendent à diminuer car les traitements des stations d'épuration sont plus efficaces et les eaux usées de la frange ouest sont exportées aux unités de Valenton, Evry et Boissettes.