La Chambre d’agriculture d’Île-de-France a présenté ce mercredi 20 mai les premiers résultats de ses essais de résistance des graminées aux herbicides
sur le territoire de Centre-Brie, après des prélèvements réalisés en 2025. Cette restitution intervient dans un contexte de forte progression du ray-grass et du vulpin dans les systèmes céréaliers du territoire. La chambre souligne notamment que la réduction des matières actives disponibles diminue la variété des modes d’action et accélère la sélection de populations résistantes.
Il existe deux grands mécanismes de résistance des adventices
aux herbicides :
- une mutation Trp574 de l’enzyme ALS (Acétolactate Synthase), cible des inhibiteurs de l’ALS ;
- une mutation Leu1781 de l’ACCase (Acétyl-CoA carboxylase), cible des inhibiteurs de l’ACCase.
L’enjeu est donc d’identifier clairement les substances actives efficaces et de guider leur utilisation pour maintenir leur efficacité.
Les substances actives testées sont :
Les prélèvements concernent des parcelles où la problématique raygrass est récurrente depuis au moins 3 ans. Dix sept parcelles ont été prélevées dont 16 en raygrass et 1 en vulpin. Les résultats ont souligné une efficacité significative (mortalité supérieure à 90 %) pour l’ensemble des substances actives testées excepté le prosulfocarbe, le Pinoxaden et l’aclonifen qui présentent une efficacité plus mitigée.
L’utilisation accrue de certains herbicides comme le prosulfocarbes, la cléthodime et le propyzamide entraîne une sélection des populations résistantes à ces substances actives. Les discussions ont souligné une moindre efficacité de ces molécules sur le terrain par rapport aux résultats expérimentaux présentés. Les mécanismes de résistances peuvent coexister sur une même population et entrainer une impasse technique lorsque la gestion repose uniquement sur l’utilisation d’herbicides. Ces éléments conduisent donc à intégrer l’ensemble des leviers agronomiques disponibles pour contenir le stock semencier des parcelles. La prise en compte des conditions météorologique peuvent conduire à privilégier le désherbage mécanique et limiter l’utilisation des herbicides lorsque les conditions de bonnes pratiques ne sont pas réunies.