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Connaissance et protection
de l'aquifère du Champigny

Pollutions

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Qui pollue ?

Qui pollue nos rivières qui iront ensuite contaminer la nappe? Eh bien tout le monde ! Voici un inventaire des pollutions par type d'acteurs.  

 Tous responsables 

A la lecture de ce document, une conclusion s'impose : Nous pouvons tous agir pour limiter la pollution des milieux naturels.

Quels polluants ?

Herbicides, fongicides, insecticides, mollucides, biocides…. font partie de la famille des pesticides. Le suffixe latin « cide » signifie « qui tue ». Or herbes, mêmes dites mauvaises, ravageurs, champignons parasites… font partie du vivant tout comme l'homme. Utiliser des pesticides n'est donc pas sans incidence. Mieux vaut par conséquent tout faire pour en restreindre l'utilisation voire ne pas avoir à y recourir.

La France : 3ème consommateur de pesticides dans le monde et 1er en Europe !!!

62 700 tonnes de pesticides ont été vendus en France en 2008 dont environ 60 000 tonnes si on enlève le cuivre et le soufre. Sur la destination de ces ventes, c'est le flou artistique. Un vieux prédicat en attribue 90% à l'usage agricole et 10 % à  l'usage non agricole. De ces 10 %, 50 % à 80% seraient utilisés par les particuliers, 30 % à 20% par les communes et le reste par les gestionnaires des voiries et voies ferrées. La mise en oeuvre du plan ecophyto 2018 devrait améliorer la transparence des ventes de pesticides !

Ordre de grandeur de la destination des pesticides vendus en France

L'utilisation massive de ces produits durant des décennies aboutit à une contamination généralisée de l'air, des sols, des eaux de rivière et de nappe. Certaines molécules sont persistantes dans l'environnement et contaminent par bioaccumulation l'ensemble des chaînes alimentaires dont le dernier maillon est l'homme.  

Si les effets sur la santé humaine d'une intoxication aiguë par les pesticides sont aujourd'hui bien connus, ce n'est pas le cas des effets à long terme. Nous absorbons en permanence via notre alimentation et l'air que nous respirons, un cocktail de molécules actives qui peuvent s'accumuler dans l'organisme (effet cumulatif) et interagir (effet de synergie). Ces effets ne sont toujours pas pris en compte dans l'évaluation des pesticides préalablement à leur mise sur le marché.  

Les nitrates sont constitués d'azote et d'oxygène, lesquels sont présents naturellement dans l'atmosphère. Dans les conditions normales, l'azote de l'air minéralisé par les micro-organismes du sol retourne dans l'atmosphère : c'est le cycle naturel de l'azote. Mais, l'homme bouleverse l'équilibre de la Nature.  

Les nitrates sont très solubles dans l'eau et peuvent donc être facilement lessivés et entraînés dans la nappe, surtout en cas d'apports excédentaires d'engrais. En début d'hiver, les eaux de drainage agricole peuvent dépasser les 100 mg/l de nitrates.  

Associés à d'autres éléments nutritifs comme les phosphates, l'excès de nitrates dans les rivières contribue à la dégradation des milieux naturels, avec par exemple le développement d'algues. 

Les nitrates se transforment en nitrites dans l'organisme, lesquels sont toxiques. Si les nitrites sont très dangereux pour les nourrissons et les foetus, ils sont également suspectés de favoriser chez l'homme l'apparition de certains cancers.  

L'eau de consommation représente une voie d'exposition secondaire au regard de l'alimentation. En effet, il suffit par exemple de manger 100 grammes d'épinards pour atteindre la Dose Journalière Admissible (dja) de 240 mg/jour de nitrates pour un adulte de 65 kg. En comparaison, boire 2 litres d'eau dont la concentration est de 50 mg/l (norme maximale de potabilité), correspond à 100 mg/jour. Tout dépend donc de la concentration en nitrates apportée par l'eau de consommation, ainsi que du régime alimentaire, et du mode de production des aliments (qui fait varier leur concentration en nitrates).  

Nouveaux polluants

 Micro-polluants recherchés dans la nappe du Champigny en 2010-2011

Grâce au développement de plus en plus pointu des techniques d'extraction et d'analyse des molécules chimiques, les laboratoires peuvent rechercher de nouvelles molécules. Et plus on en recherche, plus on en retrouve ! Cela constitue des pollutions dites émergentes. On sait par exemple aujourd'hui que les eaux superficielles contiennent des résidus médicamenteux, provenant des urines et déjections animales (médicaments vétérinaires) mais aussi humaines (hormones, psychotropes, antibiotiques, anticancéreux…). Les stations d'épuration ne sont pas conçues pour abattre ce type de pollution pas plus que les pesticides par ailleurs. 

Jusqu'alors difficilement détectables dans les milieux aquatiques, car présents à de très faibles concentrations, les résidus médicamenteux ne font pour l'instant l'objet d'aucune réglementation, ni d'aucun contrôle. En 2008, l'équipe scientifique du PIREN-Seine a montré la présence d'antibiotiques dans des effluents domestiques, des effluents d'hôpitaux et dans la Seine. La connaissance sur les risques pour l'environnement (féminisation des poissons) et la santé humaine sont encore lacunaires.  

Pourtant, l'enjeu est de taille, compte tenu des ventes de médicaments en France (170 000 tonnes/an d'après Cyclamed) et des quantités qui dorment dans nos armoires à pharmarcie (23500 tonnes).

Mode de transfert des pesticides

Vecteurs de transfert

 Schéma des flux d'eau et de pesticides à l'échelle de la parcelle agricole drainée (KAO C. et al,  2002)

Différents vecteurs de transfert sont impliqués dans la contamination des eaux par les pesticides. Le vent et la pluie sont les principaux vecteurs responsables des transferts des pesticides vers les nappes et les rivières. Les transferts liés au vent sont dus à la dérive des embruns de pulvérisation. Les transferts liés aux précipitations s'expliquent par le ruissellement de surface et l'érosion, le ruissellement hypodermique (sous la surface du sol) via les réseaux de drainage agricole, l'infiltration en profondeur. 

Facteurs de transfert

Une science bien compliquée que celle de l'étude des transferts des pesticides… Il y a tellement de facteurs qui interviennent, tellement de processus aux noms barbares !  

Il y a d'abord la nature même du pesticide, son aptitude à se dissoudre dans l'eau, à se mouvoir dans un sol, à s'accrocher fortement au sol pour n'en plus bouger (on dit qu'il s'adsorbe), sa capacité à être dégradé par l'eau, le soleil, la flore, les micro-organismes du sol, etc…  

Ensuite, des facteurs extérieurs vont entrer en ligne de compte : les conditions climatiques pendant et après l'application du pesticide (humidité, vent, pluie), les conditions de l'application (quantités apportées, taille des gouttelettes...), et les conditions du milieu (type de sol entre autres)

Le croisement de tous ces facteurs créé une multitude de cas de figure, et il faut une connaissance avancée de chacun de ces facteurs pour prédire le devenir d'un pesticide donné.  

Les liens eaux de surface eaux souterraines

 Carte de vulnérabilité intrinsèque de l'aquifère. Toutes les zones en jaune, orange et rouge sont à risque car connectées à des zones infiltrantes  

La recharge de la nappe est largement influencée par l'infiltration des eaux superficielles dans la nappe, dans les zones infiltrantes (gouffres, pertes en rivières, secteur où la roche aquifère est peu profonde). Une fois dans l'eau, le temps de transfert du pesticide, depuis l'endroit où il a été appliqué jusqu'à l'endroit où il s'infiltre dans la nappe est de quelques jours, pendant lesquels il n'a généralement pas le temps de se dégrader. Sur la carte de vulnérabilité intrinsèque ci-dessous, les pesticides épandus sur les zones en jaune, orangé et rouge, représentent un risque à plus ou moins long terme pour la nappe. 

 Le suivi régulier de la contamination des rivières franciliennes en pesticides depuis 2002 est alarmant. Tous les cours d'eau sont touchés. Sur les 394 pesticides recherchés dans les cours d'eau en 2011, 170 ont été quantifiés au moins une fois.

 Le type des pesticides qu'on retrouve dans les petits cours d'eau sur le territoire d'AQUI' Brie en 2010-2011

L'atrazine, molécule active d'un désherbant à usage agricole et non agricole, est interdite depuis 1999 pour ce qui est de l'usage non agricole et depuis 2003 en agriculture. Mais on la retrouve encore 9 fois sur 10 dans les rivières, même si sa concentration diminue. Et elle constitue toujours la pollution de fond de la nappe du Champigny.  

Quel est le devenir du cocktail de pesticides autres retrouvés dans nos rivières ? N'est-ce pas qu'une question de temps pour que nous les retrouvions dans les eaux souterraines si nous ne changeons pas nos pratiques de désherbage par exemple. Ainsi le glyphosate, beaucoup utilisé en zone agricole et non agricole, arrive en tête de la pollution des rivières en terme de concentration. Les pesticides récemment mis sur le marché sont actifs avec quelques grammes/hectare, là où il fallait plusieurs kg dans le passé. Quelle est la toxicité de ces nouveaux produits, qu'on va retrouver en faible dose dans le milieu naturel ?

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